Alerte données · IA en entreprise

Vos équipes utilisent l'IA. Vos données, elles, partent où ?

Comptes personnels, dossiers RH copiés dans un chatbot, serveurs américains : les 3 risques que la plupart des PME ignorent, et comment les corriger.

Vitor Silva, VHF Solution · 25 septembre 2026 · 5 min de lecture

poste-compta-03 — session IA

  
0Amende maximale nLPD, visant directement la personne responsable
0du chiffre d'affaires mondial : plafond des amendes RGPD pour les entreprises actives dans l'UE
0entre votre entreprise et l'IA quand un employé utilise son compte perso

Le constat

En quelques mois, l'IA s'est installée partout : e-mails, analyse de dossiers, comptabilité, tri de candidatures, résumés de contrats. Et dans beaucoup d'entreprises, ce ne sont pas les dirigeants qui l'ont déployée. Ce sont les employés, avec les outils qu'ils avaient sous la main.

Résultat : des gains de productivité réels, mais aussi des données sensibles qui circulent sans aucun contrôle. Voici les trois risques que nous rencontrons le plus souvent chez nos clients.

01

Risque 01

Les comptes personnels et le « shadow AI »

Un collaborateur crée un compte gratuit ou personnel sur ChatGPT, Claude, Gemini ou un autre outil, et l'utilise pour son travail. C'est le shadow AI : de l'IA utilisée dans l'entreprise sans que l'entreprise le sache.

  • Aucun contrat entre votre entreprise et le fournisseur. Aucun accord de traitement des données.
  • Selon l'offre et les réglages, les conversations peuvent être conservées et servir à améliorer les modèles.
  • Zéro visibilité : qui utilise quoi, avec quelles données ?
  • L'employé part ? L'historique de ses conversations, et vos données, partent avec lui.

Ce qu'il faut faire

Des comptes entreprise gérés (offres Team / Enterprise ou équivalents), avec contrat, administration centralisée et politique d'usage communiquée à tous.

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Risque 02

Des données personnelles envoyées sans cadre légal

Coller une fiche de salaire, un dossier RH, un CV ou une liste de clients dans une IA, c'est un traitement de données personnelles. En Suisse, il relève de la nLPD (en vigueur depuis le 1er septembre 2023). Cela implique notamment :

  • Une finalité claire et des données limitées au strict nécessaire.
  • Un contrat de sous-traitance avec le fournisseur d'IA.
  • L'information des personnes concernées.
  • Un cadre pour la communication de données à l'étranger.
CHF 250'000

Avec la nLPD, l'amende vise directement la personne responsable, pas seulement l'entreprise.

Ce qu'il faut faire

Définir quelles données peuvent aller dans une IA et lesquelles sont interdites (RH, santé, clients identifiables…). Anonymiser dès que possible. Documenter les usages.

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Risque 03

L'hébergement américain et le CLOUD Act

La majorité des grands outils d'IA sont opérés par des entreprises américaines. Le CLOUD Act (2018) permet aux autorités américaines d'exiger d'un fournisseur américain la remise de données, même stockées en Europe.

Utiliser ces outils n'est pas illégal en soi : des mécanismes encadrent les transferts vers les États-Unis (Swiss-U.S. Data Privacy Framework, clauses contractuelles). Mais le risque résiduel existe, et il doit être évalué, surtout pour les données sensibles ou stratégiques.

Ce qu'il faut faire

Classer vos données par sensibilité. Pour les plus critiques : hébergement européen, anonymisation, ou alternatives hébergées en Suisse / en Europe.

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    Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un avis juridique.